Bavures démocratiques en Autriche ou répression d'état ?
Cette femme, c'est Elfriede Jelinek, prix nobel de littérature en 2004 (au grand dam de la partie réac, de droite comme de gauche, de ses compatriotes autrichiens).
Lui, c'est Martin Balluch, président de l'association de protection animale VGT (Verein Gegen Tierfabriken), sans qui la législation autrichienne en matière des droits de l'animal (parmi les plus avantageuses au monde) ne serait pas ce qu'elle est aujourd'hui.
Comme beaucoup d'autres, et tu vas en faire partie, je le pense, Elfriede Jelinek a pris fait et cause pour Martin Balluch et 9 de ses camarades, objets d'une répression d'état inqualifiable et indigne d'un pays démocratique.
Le 21 mai dernier, un fort contingent de policiers d'élite appuyé par une unité anti-terroriste est entré brutalement, au petit matin, dans les domiciles de 24 militants de 7 associations de protection animale, dont VGT. Les bureaux et sièges de ces associations ont également été investis.
Les surprenant dans leur sommeil ( ils avaient auparavant défoncé les portes d'entrée), les flics ont joué la totale, comme dans un film d'espionnage.
Perquisitions sans ménagement, interpellations musclées, saisie et confiscation de tout ce qui ressemblait à un téléphone et un ordinateur.
Au nom d'un article d'une loi réprimant les activités criminelles (section 278a du code pénal autrichien), 10 militants ont été placés en garde à vue, sans pouvoir communiquer avec leurs proches et leurs avocats puis incarcérés.
Ils sont toujours en taule, sous un régime d'isolement.
Amnesty International s'est prononcé fermement contre ces méthodes, complètement disproportionnées, stigmatisant les violations flagrantes des droits de l'homme de la part du ministère de la justice autrichien.
7 de ces personnes ont entamé une grève de la faim. Depuis 20 jours maintenant, leur vie est en danger. Martin Balluch a été transféré dans l'aile médicale de sa prison à Vienne.
Bien sûr, tu te poses, comme moi, pleins de questions : qu'ont-ils fait, ces gens là, pour subir une telle répression ?
S'être battus pour faire interdire les élevages intensifs de poules pondeuses ? Oui.
S'être mobilisés pour raccourcir et améliorer les conditions de transport des animaux de rente ? Oui.
Avoir forcé un certain nombres de magasins de luxe à stopper la vente de fringues en fourrure ? Oui.
Avoir obtenu l'interdiction d'utiliser les grands primates dans le cadre de l'expérimentation animale ? Oui.
Et tant d'autres choses encore ? Oui ! Peut-être il y a-t-il eu au passage quelques slogans bombés sur la devanture d'une boucherie ou d'un magasin de fourrure...Et alors ? Quel rapport avec les moyens employés, terrifiants, pour arrêter ces militants ?
Qu'est-ce que ça cache ? La criminalisation de la cause animale, comme elle s'est engagée aux Etats-Unis et en Angleterre il y a quelques années ? J'ai bien peur que oui.
Les ennemis du vivant, par des lois d'exception, de circonstance, par des dérapages judiciaires (toujours contrôlés), des provocations policières, des mensonges médiatiques, des manipulations politiques, préparent-ils la mise au pas des militants et sympathisants de la cause animale ?
Pour réagir et soutenir les copains, c'est ici :
http://www.vgt.at/actionalert/repression/petition/index_en.php
Et voici l'adresse mail de l'ambassade d'Autriche à paris : paris-ob@bmaa.gv.at





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