ça branle dans le manche

Les sinistres cadavres ou l’horreur alimentaire

halloween07_uk.1195806518.gif

Une action revendiquée par l'ALF (Animal Liberation Front ) du côté du comté de Somerset (Sud-Ouest de l'Angleterre) pendant la nuit d'Halloween, le 31 octobre, pose beaucoup de questions.

Non pas de par sa singularité : cette action est classique, dirais-je, s'agissant de la libération de 210 poulets d'élevage en batterie.
Non pas de par sa légitimité. Je pense en effet que les grandes causes, les combats difficiles, doivent s'accomoder d'une certaine radicalité, colorée parfois d'illégalité, pour avancer vers les objectifs. De plus, ce serait irresponsable et imbécile de ma part de critiquer la forme de l'engagement de copains.
 
Si j'avais été, je ne sais par quel prodige, incarné dans le corps déplumé, mutilé, de l'une de ces poules, contenu dans une cage métallique exiguë, vivant dans une atmosphère saturée d'ammoniac, reposant sur des centimètres de fientes, au milieu d'un nuage de mouches, j'aurais accueilli mes libérateurs les ailes ouvertes.

Non ! Ce qui pose problème, c'est le traitement infligé à ces animaux, ces conditions dantesques, inimaginables, en tous lieux, de tout temps.
Plus précisément : comment est-il possible de faire ça à des êtres vivants, sensibles ?

Les processus psychologiques à l'oeuvre sont connus. Ils ont même produit leurs effets sur l'homme, qu'il s'agisse de la traite négrière ou de l'extermination de populations entières sur la base de considérations ethniques, religieuses ou raciales.

Nier le statut de sujet de la victime. Dénaturation de son animalité, pour en faire un objet, un infra quelque chose qui sera incapable de ressentir une quelconque souffrance.

Un mécanisme de dénégation qui vise à obtenir une parfaite indifférence au sort promis à la victime. Plus que du mépris, il s'agit de l'effacement de l'être et de tout ce qui y est associé (sensibilité).

Pour pérenniser ce que la majorité appelle un mal nécessaire (la production de viande), un processus de refoulement s'est installé, par le refus de la part d'animalité présente chez l'homme et l'expulsion de l'animal vers une vacuité existentielle qui autorise tous les abus.

C'est bien ce que faisaient les nazis, qualifiant les juifs, enfants, femmes, hommes, de sous-hommes, de chiens, les dépouillant ainsi de leur individualité.

Rendre cette individualité inerte, vide de sens, à l'égale d'un tabouret, la déréaliser.

Comment faire ce qu'ils font sans opérer ce travail de disjonction, que la découpe, en abattoir puis en boucherie, prolonge.

Le démembrement du corps saigné, le désossement, la séparation des morceaux de viande n'est ainsi que l'aboutissement de la répulsion que notre part d'animalité provoque en nous.



Article ajouté le 2007-11-23 , consulté 37 fois

Commentaires



Poster un commentaire





http://





Merci de recopier le nombre présent à gauche dans la case de texte ci-dessous ( Pourquoi ? )





Liens

Voir les articles de la catégorie " Animal on est mal "

Retour aux articles


Recommander ce blog | Contacter l'auteur | Reporter un abus | S'abonner au blog Flux RSS du blog | Espace de gestion

Créer un blog gratuit avec Blog4ever