Police (presque) partout, Justice (Humm) nulle part !
Presque partout qu'elle est, la police, quand il faut ramasser du fiston malien, de la fillette albanaise, de l'ado kazakh, à proximité des écoles (c'est même plus efficace d'aller dans les classes) pour les foutre dans le premier avion venu avec leurs parents, affolés, menottés, désemparés.
Elle n'est nulle part, cette justice, qui condamne des jeunes manifestants anti-CPE à des peines d'emprisonnement ferme de 3 ou 6 mois pour violences sans blessures commises contre des policiers, avec incarcération immédiate pour cause de trouble persistant à l'ordre public.
Il faut dire que la peur est désormais jumelle de notre démocratie, cette peur conservatrice, cette peur de perdre ses privilèges, 'crépusculaire' dirait Alain Badiou (son dernier ouvrage, De quoi Sarkozy est-il le nom ? vient de sortir) qui crée "le désir d'avoir un maître qui vous protège, fût-ce en vous opprimant et paupérisant plus encore".
Elles sont partout et ne sont nulle part, ces 2 mijaurées, quand il s'agit de poursuivre, d'instruire et de juger, civilement et pénalement, les accidents mortels au travail, qu'il y ait faute inexcusable de l'employeur ou pas.
Je dédie cet article à tous les proches des suicidés de Renault et de PSA, plongés dans la peine parce que leur papa ou leur mari ou leur frère ou leur oncle, n'a pas su (sic) résister à 'l'ambiance négative au travail", au " phénomène de stress" ou autre "pression morale" comme on dit dans les milieux à l'abri du besoin et très éloignés de ces contingences.
Qu'ils sachent que les morts ne se valent pas, qu'elles sont étalonnées en fonction d'une échelle de valeur ignorée de la très grande majorité des justiciables que nous sommes en puissance.
Et de toute façon, ils répèteront tous : "Rien ne démontre qu'il y ait eu une quelconque pression ou harcèlement".
Mais malheureux, s'écrie-t-on ! Faut pas confondre maintien de l'ordre et justice, répression et sanction, bien commun et profit de quelques uns...
Allez, une dernière pour la route. Vous hocherez la tête, j'en suis certain, en constatant le tranchant exceptionnel de cette décision de justice. *
(d'après La Provence, du 25 septembre 2007) :
"L'homme qui a tué sa femme lors d'un accident de chasse à Pertuis en décembre 2003 a été jugé hier par le tribunal correctionnel d'Avignon. Si la thèse accidentelle a été reconnue, il n'en reste pas moins que le tribunal a prononcé une peine à son encontre de trois ans avec sursis, la confiscation de l'arme, l'interdiction de solliciter un permis de chasse pendant cinq ans et 1 500 € d'amende."
On a cru entendre, lors de l'énoncé du verdict, les habitants de la forêt fredonner :
"Que c'est triste Venise
Au temps des amours mortes
Que c'est triste Venise
Quand on ne s'aime plus
On cherche encore des mots
Mais l'ennui les emporte
On voudrais bien pleurer
Mais on ne le peut plus"
Charles Aznavour
*au fait, le meutrier de Claude Rosseti, paisible ramasseur de champignons, abattu car confondu avec un sanglier par un gendarme à la retraite, a écopé de ...6 mois de prison...avec sursis.

Commentaires