Exclusif ! Un serial chasseur interpellé en Haute-Savoie !

Haute-Savoie. Mi-février. Jeudi 12. Quelques heures après le lever du soleil, la montagne semblait déserte. L'hiver libérait une brume froide. Le silence régnait sur le fond argenté des nuages.
L'animal était resté longtemps à l'affût. Tendu, presque immobile, clignant des yeux, prêt à bondir sur sa proie. Il avait faim.
Aurait-il dû être plus méfiant ? S'assurer de la présence hostile d'un autre prédateur aux alentours ? Il ne le saura jamais.
Le loup sauta sur le chamois. Sa mâchoire broya la gorge de la bestiole.
Simultanément, une balle de gros calibre transperça le corps du loup.
Le viandard ramassa la dépouille du loup, le dépeça et le plaça dans le coffre de sa caisse puis rentra chez lui.
Mais la nature avait des yeux.
Ce tueur en série fut interpellé par les gendarmes de Bonneville et placé en garde à vue. Il sera présenté à un juge d'instruction.
Tu ne devineras jamais, je te le jure, la raison précise pour laquelle ce chasseur appartenant à la société de chasse du Petit-Bornand-les-Glières a tué ce magnifique mammifère (inscrit à la Convention de Berne au titre d'espèce strictement protégée).
Je ne vais pas te faire patienter plus longtemps. Mais je souhaite que tu retiennes bien la chose, pour la servir autant que de besoin, dès que tu le pourras, à chaque chasseur qui te bassinera avec ses conneries crasses de gestionnaire de populations d'animaux sauvages.
Ces viandards hideux, cons comme des rateaux, aiment à se la jouer écolo, après avoir réussi à remplir un quizz de 5 questions sur la chaîne alimentaire (la vache broute l'herbe et l'homme mange du rôti) et les différences entre les vertébrés et les invertébrés.
Ils connaissent la nuance entre l'automne (en automne, la saison commence) et l'été (en été on se fait chier à graisser le flingue) et c'est déjà pas mal.
Le viandard (un trentenaire) a avoué qu'il avait buté le loup parce qu'il mangeait des chamois.
Résumons : un chasseur pulvérise lâchement un animal protégé par la loi parce que ce dernier s'est attaqué à sa proie habituelle.
Avec le mouflon, le chamois représente en effet plus de 50% du régime alimentaire du loup toute l'année (65% en hiver).
D'autres ongulés (chevreuil, sanglier...) composent le reste de son alimentation.
Ce type s'est vengé sur un prédateur naturel car il lui enlevait quelques spécimens destinés à satisfaire ses pulsions vicieuses hebdomadaires.
Quand tu entendras que les chats de ton quartier disparaissent à jamais sans crier gare, régulièrement, demande-toi si l'un de tes voisins n'est pas chasseur. Le chat est un redoutable prédateur (même stérilisé, même tatoué)...

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